Animer des ateliers de théâtre à distance, c’est possible !

Avant la crise du coronavirus : des ateliers en présentiel

Tous les jeudis soir, de 19h30 à 21h30, notre comédienne Manon Nobili anime un atelier de théâtre pour les particuliers. Cette année, le sujet de réflexion est la place des femmes dans la société. Les 15 participant.e.s ont découvert les auteurs et autrices Ibsen, Brecht, Kelly, Liddel et Gombrowicz, mettant à l’honneur des femmes fortes, d’actions et de choix, et qui refusent le chemin qu’on leur a tracé.

Après avoir recontextualisé chaque œuvre et chaque auteur, puis fait la lecture des scènes sélectionnées par Manon, les participant.es ont choisi le ou les personnages qui l’intéressaient. L’objectif : produire un spectacle composé d’un patchwork des scènes, qui, misent bout à bout, construisent une nouvelle histoire.
En plus de leurs rôles d’acteurs et d’actrices, chaque participant.e fait partie d’un groupe de travail pour préparer la représentation finale : costume, lumière, son, mise en scène, etc.
Ces ateliers avaient lieu à La Maison de l’Ecologie à Lyon. Mais, comme tous et toutes, impactés par la crise sanitaire, nous avons dû mettre un terme à notre rendez-vous hebdomadaire. Du moins, en présentiel.

Le distanciel, une belle opportunité !

« Avant le confinement, nous étions en pleine création de spectacle. Les rôles étaient répartis entre chaque participant.e.s et on travaillait sur la création du spectacle en matière de scénographie, musique, mise en scène, son et costumes. En revanche, il restait encore un grand travail d’interprétation. »
manon nobili est comédienne consultante formateur chez Théâtricité et anime des ateliers de théâtre pour sensibilier former innover créer en entreprise
Manon Nobili
Comédienne

Il n’était pas question pour le théâtre de se laisser abattre par cette période contraignante. Manon a donc retravaillé son cours pour l’adapter à du distanciel. Chaque semaine, le rendez-vous était le même, mais le cadre a quelque peu changé, pour le mieux ! 

« Finalement, la visio donne un aspect beaucoup plus « friendly » : le temps passe différemment qu’en présentiel, où c’est toujours la course. On prend plus le temps de rire, de se raconter les nouvelles. Je leur laisse une certaine liberté : caméra ou non, certains prennent un verre, d’autres mangent. On s’autorise plus de détente ! »

Lors de chaque session, Manon fait passer les scènes une à une, composées principalement de monologues, fait ses retours, puis aux autres participant.es de compléter si besoin. 

«La méthodologie de travail ne change presque pas. Je procède de la même manière que dans mes cours en présentiel, avec tout de même une focalisation sur le jeu et le sens, et non sur la mise en scène. Le temps en plus permet aussi aux participant.es de se concentrer sur leur groupe de travail et d’avancer sur la construction du spectacle en parallèle. »

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Une représentation prévue en septembre

Pour conclure l’année, 5 jours de répétition en présentiel sont prévus avec 2h de cours quotidiens pour travailler la mise en scène, en vue de l’ultime représentation prévue le vendredi 18 septembre à La Maison de l’écologie, à Lyon, si les annonces gouvernementales le permettent.

Et si les mesures sanitaires devenaient nos partenaires de jeu ?

Qui a dit que les mesures sanitaires devaient être seulement des contraintes ? Je crois qu’il est possible de changer de regard sur ces mesures, aujourd’hui indispensables dans la lutte contre le COVID-19 

Se défaire du sentiment d'obligation

Le caractère obligatoire des mesures sanitaires nous perturbe : puisqu’elles nous sont imposées, nous ressentons l’étrange impression qu’elles vont être lourdes, pénibles et compliquées. Cette sensation donne aux mesures sanitaires une connotation négative. Elle rappelle les temps de l’enfance où nous devions suivre les protocoles d’hygiène « pour notre bien ». 

 

Je m’arrête un instant sur une contradiction fondamentale : « pour notre bien », qui, malgré ses bonnes intentionsne fonctionne pas efficacement comme méthode de conviction. Pourquoi nous sentons-nous éloignés d’une intention si louable ? Notamment parce que les êtres humains réagissent beaucoup plus volontiers à court terme qu’à long terme. Un bonheur hypothétique accessible à long termesi tout le monde respecte les règles, peine à résister face au désir immédiat d’enlever son masque par temps de chaleur 

Jouer sur le cadrage

Notre trajectoire peut être vue comme un chemin sur lequel nous rencontrons un ou plusieurs obstacles. Nous pensons que nous n’avons qu’un seul choix pour avancer : contourner l’obstacle, « faire avec ». Or, il est possible de se servir de l’obstacle comme d’un tremplin qui nous guiderait vers un chemin moins linéaire et plus créatif. 

Il faut alors changer le « cadrage ». Changer cette perception rébarbative que nous avons des mesures sécuritaires en une vision qui attire notre attention. 

L’effet de « cadrage », selon les théories de psychologie sociale, est un biais cognitif qui montre à quel point nos comportements et nos décisions dépendent de la façon dont les consignes sont formulées (le cadre). L’effet de cadrage a été analysé pour optimiser les campagnes de prévention1 (sensibilisation sur la sécurité routière par exemple) et montre que notre cerveau réagit plus fortement quand : 

  • On met en avant le danger plutôt que l’utilité  « XX% des personnes qui sont décédées du Covid n’ont pas porté de masque » est plus efficace que « XX personnes sauvées chaque jour grâce au port du masque »)  
  • On accompagne le message d’une imageEn effet, un texte seul attire beaucoup moins l’attention que s’il est accompagné d’une image. Cette image peut être fixe mais elle peut aussi bouger (c’est le cas de la vidéo) et même bouger à côté de nous sans l’intermédiaire d’un écran (c’est le cas du théâtre) 

Pour rendre le respect des mesures sanitaires plus stimulant, une des techniques est de repenser le cadre de transmission du message. Sortir de cette logique purement informative réglementaire peut faire naitre de nouvelles idées créatives qui dépassent la contrainte en se l’appropriant. 

Faire jaillir la créativité

Des initiatives ont essaimé pendant cette période pour rendre les mesures sanitaires plus créatives. Par exemple, le Tissu Solidaire2 propose aux individus et aux entreprises des masques au design original tout en soutenant la réinsertionLe masque devient alors aussi un objet personnel renforçant son identité et son style mais également porteur de valeurs (par exemple la valeur d’engagement social).  

 

Parmi les initiatives originales, lthéâtre est un excellent outil de créativité puisqu’il permet de jouer sur les deux tableaux que nous avons identifiés précédemment :  


  • Le danger plutôt que l’utilité 
  • L’image plutôt que le texte 
comment former sur les mesures sanitaires du covid 19 , trouver des idées originales pour sensibiliser aux gestes barrières en entreprise

Sensibiliser au danger grâce au théâtre

Pour sensibiliser efficacement aux mesures sanitaires, on peut représenter le danger sur scène. Depuis l’Antiquité, le théâtre permet de purger les passions des spectateurs. En représentant des actions sur scène, les spectateurs ont l’impression de les vivreC’est ce qu’on appelle la catharsis. L’effet cathartique du théâtre permet donc d’expérimenter des conséquences tragiques sans à avoir à les vivre « pour de vrai ».  

 

Appliqué à la crise sanitaire, des saynètes peuvent mettre en scène le nonrespect des mesures sanitaires et les effets désastreux que cela engendre pour l’individu et ses collègues. Des effets dont il n’aurait pas réfléchi auparavant et qui seront d’autant plus forts qu’ils seront restitués sous la forme d’images fortes vivantes devant ses yeux. 

Le théâtre comme pédagogie mimétique : montrer plutôt expliquer

Nous l’avons dit précédemment, l’explication est laborieuse et nous renvoie inconsciemment à notre passé d’enfant jalonné de multiples règles à respecter. Pour s’en défaire, il faut capitaliser sur la puissance de l’image vivante 

Le théâtre permet une distanciation impossible dans la vie de tous les jours : les acteurs jouent des personnages qui ne sont pas nous et qui pourtant nous ressemblent étrangement. En étant témoin de comportements familiers mais qui ne lui sont pas directement imputables, le spectateur peut rire de l’absurdité de certaines situations dans lesquelles il se reconnaît. Par le truchement d’une confrontation distanciée (c’est l’acteur qui s’engage), le spectateur est invité à une réflexion plus poussée que la simple lecture de consignes de sécurité. Il lui offre un nouveau cadre qui lui permet de se remettre en question de façon subtile.

Enfin, le théâtre est à considérer comme une source de créativité positive en regardant avec humour la contrainte : garder une certaine distance physique permet de se faire de grands gestes et ainsi de communiquer davantage avec les mains, mettre du gel hydroalcoolique peut être une façon moderne de se masser les mains, se dire bonjour à distance peut devenir un moyen de réinventer de nouveaux « checks » à distance pour se saluer de façon originale 

 

Montrer, via la représentation théâtrale, un individu qui s’émancipe de la contrainte est plus efficace que de dire simplement « c’est possible ». 

 

Plus qu’une contrainte, mettre un masque peut être une occasion de se prendre pour un héros masqué, et peut-être à force d’y croire, d’en devenir un pour de vrai

jean-baptiste sintes est comédien consultant formateur chez Théâtricité et anime des ateliers de théâtre solidaires pour sensibiliser prévenir former innover créer en entreprise et dans les collectivités locales

Jean-Baptiste SINTES

Consultant & comédien professionnel
Co-fondateur de Théâtricité

Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées – SEEPH 2019

Nous avons eu le plaisir d’effectuer une sensibilisation au Handicap lors de la SEEPH 2019 . Voici quelques exemples de ces interventions :

Sensibilisation au Handicap lors de la SEEPH au Conseil Départemental du Loir-et-Cher.

Changeons de vision sur les situations de handicap au travail ! Le Conseil Départemental du Loir-et_Cher a souhaité participer à l’évolution des regards sur les situations rencontrées au travail.
Des sessions de Théâtre Forum ont été animées pendant 3 jours à Blois, Romorantin et Vendôme.
Des saynètes écrites sur-mesure, sur la base d’entretiens exploratoires, ont été jouées par 2 comédiens professionnels devant les agents de collèges, MDCS et centres d’exploitation du département.
Ensuite des échanges ont eu lieu avec le public sur la situation jouée puis des volontaires sont venus jouer avec l’un des comédiens leur propre solution à la situation

Sensibilisation au handicap lors de la  SEEPH chez Grand Lyon Habitat.

Casser les préjugés sur les handicaps invisibles et ouvrir le dialogue ! GrandLyon habitat a proposé, toute la semaine, des saynètes de théâtre à ses collaborateurs pour casser les préjugés sur les handicaps invisibles et ouvrir le dialogue.
Nos comédiennes ont joué sur 3 journées, une saynète écrite sur-mesure dans chaque site de Lyon/Vénissieux et Vaulx-en-Velin, et pour le siège à chacun des 7 étages, suivie d’un petit débat avec les participants.

Remise des trophées de l’ESS 2019

Lors de la soirée de remise des trophées de l’ESS par Mag2Lyon, un certain Guillaume de chez Solirable, contraction de « solidaire » et « durable » est venu réclamer son trophée tout au long de la cérémonie. En réalité, il s’agissait de notre comédien Jean-Baptiste. Au final un diplôme de la meilleure animation lui a été remise par Lionel Favrot, directeur de la rédaction de Mag2Lyon

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Comment se reconnecter à nos émotions ?

face à la suprématie du smiley, comment se reconnecter à nos véritables émotions ?

8h30 du matin, vous êtes dans le métro, et comme d’habitude vous apercevez ces mêmes têtes courbées, recroquevillées sur leur smartphone, se prêtant à diverses activités : jeux, lectures, textos, vidéos… Chacun dans sa bulle. C’est comme s’ils avaient trouvé un refuge au regard des autres. En effet, avec la transition numérique, nos communications passent aujourd’hui beaucoup plus par nos outils mobiles que par les interactions physiques. C’est certes très pratique mais incomplet. 

Physiquement, il se véhicule des émotions et des sensations qui sont difficilement communicables par messages interposés. Pour bien se comprendre, il n’y a pas que le contenu du message qui compte : odeur, espace physique, chaleur, couleurs, ce qu’on appelle de la « tension dans l’air » ou au contraire une « ambiance décontractée » sont rarement transcrits dans les échanges à distance. La tendance au télétravail ne fait qu’accentuer ce phénomène. Et génère des points de vue qui proviennent d’une multitude de « lieux » différents donc « décontextualisés » de leur environnement de travail. Sans parler de ce collègue du 2ème étage (vous êtes au 5ème), avec qui vous travaillez souvent mais que vous croisez de temps en temps à la pause déjeuner ou 2 fois par an pour le séminaire annuel et le Noël de l’entreprise. Comment alors entrer en empathie les uns avec les autres ? 

Rivés sur nos écrans, nous envoyons des smileys à nos interlocuteurs en conservant un visage de marbre. Aurions-nous troqué nos émotions véritables contre des pixels pour mieux faire passer la pilule ? Exemple : « Je n’ai pas eu le temps de faire cette mission, peux-tu prendre le relai ? 🙂 ». Le smiley est perçu comme un remède magique. Cependant, il n’efface pas les frustrations et les tensions qui s’accumulent. On ne se comprend pas parce qu’on a cru communiquer « gentiment ». Cela ne suffit pas.

Une des solutions est de faire groupe en se retrouvant lors d’événements privilégiés où les individus se connectent physiquement. Les ateliers théâtre en entreprise font partie de ces lieux de partage, de rencontres et d’expression des émotions, et tout cela : sans risque. Ils font exister un prétexte : une histoire, une situation, un rôle, à travers lesquels les salariés peuvent exprimer/ressentir les vérités. On met un masque de théâtre pour faire tomber le masque social que l’on a l’habitude de porter. Et on se découvre. Lors des ateliers théâtre, on se rapproche, on comprend qu’au fond nous sommes pareils, que l’on peut partager le même humour, et même créer ensemble. Le regard change car nous avons levé la tête. Un sourire sincère aura toujours plus d’effet que deux points et une parenthèse qui se referme.

📢 ThéâtriCité lauréat ! 🎬

https://www.culture-et-management.com/le_prix_start_up_en_scene/palmares.html

Pour sa 4e édition, le Prix, soutenu par le Ministère de la Culture, a été décerné au cours du Forum Entreprendre dans la Culture qui a eu lieu du 22 au 24 mai 2019.

Le Prix Innovation C&M (ex-Start Up en Scène) permet aux jeunes entreprises innovantes du secteur culturel d’être présentées à un Comité de Sélection composé de décideurs publics et privés du secteur culturel, offrant ainsi un rayonnement important à ces projets.

Le théâtre : un outil d’expérience humaine forte, d’engagement et de solidarité

LaThéâtriCité, c’est l’énergie sociale du théâtre que nous allons éveiller chez les acteurs et les spectateurs. 

Le théâtre a dans son ADN le partage : il est construit par des acteurs pour des spectateurs, les deux étant indispensables pour vivre une expérience forte. Une troupe d’apprentis-acteurs qui travaille régulièrement ensemble en vue d’un spectacle se soude au fur et à mesure des répétitions, ce qui crée un lien émotionnel fort et un engagement certain au sein du groupe. 

Pendant les répétitions, les apprentis-acteurs apprennent à avoir confiance en eux, à être droits, fiers de leur parole, ne plus avoir peur du regard des autres, mais aussi à être à l’écoute, de savoir improviser quand il y a un « bug » ou un trou de texte. Le théâtre développe ainsi la solidarité. 

L’intensité la plus forte se situe au niveau de la représentation qui est le moment-clé où les apprentis-acteurs sont fiers de présenter leur spectacle auprès d’un public. La représentation est un objectif fédérateur qui engagent les apprentis acteurs à tout donner pour offrir un moment de bonheur à ceux qui y assisteront.


Le théâtre : un outil d’exploration et de régulation des émotions

Un des grands atouts du théâtre est qu’il permet de se plonger dans une fiction qui fait vivre à ses participants le réel par procuration. 

Les mises en situation de faits réels (l’expérience d’un usager avec un conducteur dans un bus par exemple) permettent de se rendre compte des problèmes en les (re)vivant, en en parlant ensemble grâce à un support vivant et concret. 

La confrontation avec le réel par l’intermédiaire du théâtre fait comprendre aux spectateurs qu’ils ne sont pas les seuls à vivre certains problèmes. Ils se reconnaissent dans les situations théâtralisées mais avec un recul qu’ils n’ont jamais dans «la vraie vie», quand ils sont dans le feu de l’action. 

En vivant des situations théâtralisées, les salariés peuvent constater que les réactions, sentiments, sensations, pulsions qu’ils peuvent ressentir, sont normales et sont ressenties par leurs collègues. 

Enfin, par l’improvisation, le théâtre permet d’inventer des solutions « en direct »par rapport à une  situation donnée et ensuite pouvoir tester et débattre de l’efficacité de ce que propose chacun.