Révéler les habitants d’un quartier prioritaire avec le théâtre

Après un premier succès en 2019 avec Roméo et Juliette, issu de la collaboration entre Dynacité, ThéâtriCité et le centre social Le Lavoir, nous avons renouvelé cette belle aventure en 2020.

Macbeth au temps du coronavirus

Recrutement et choix de la pièce

La première étape a consisté à recruter, avec la complicité du centre social, de nouveaux participants, locataires des résidences Dynacité du territoire d’Ambérieu-en-Bugey, certains ayant quitté la région ou ayant retrouvé un emploi.

La troupe s’est ainsi constituée progressivement avec un groupe très motivé.

Sylvie Gantner, animatrice du centre social s’est aussi investie dans la troupe à la fois en tant qu’actrice, mais aussi de chanteuse. En effet, elle avait pratiqué le chant antérieurement au niveau professionnel et ses belles qualités vocales ont pu ainsi être exploitées.

Après un moment de doute lors du choix de la pièce, nous étions partis sur Marie Tudor de Victor Hugo, mais cette pièce ne résonnait pas suffisamment chez les participants, nous avons finalement choisi de monter Macbeth de Shakespeare. Il est important de rester sur de grandes pièces du répertoire afin de valoriser les habitants des quartiers prioritaires de la ville, de les faire accéder à des textes universels en les adaptant à leur environnement.

La comédienne de ThéâtriCité, Manon Nobili, a, dans un premier temps, réécrit la pièce avec les références locales des habitants, adaptée à leur vocabulaire pour qu’ils la comprennent bien.

Confinement, adaptation et retour sur les planches !

Après plusieurs séances hebdomadaires d’octobre 2019 à février 2020, la période du confinement est tombée. Nous avons dû suspendre les ateliers pendant cette période. Certains participants nous ont dit avoir visionné sur internet plusieurs mises en scène de Macbeth pour passer le temps et que c’était une pièce assez difficile, mais ils étaient fiers d’y accéder et avaient hâte de remonter sur les planches.

Au retour du confinement, il a fallu bien sûr remotiver les troupes mais le fait de proposer un format un peu différent a permis de relancer une belle dynamique. En effet, nous avons alors décidé de faire quelques séances avant les congés d’été puis de proposer un format en mode « résidence artistique » de 3 heures par jour sur une semaine, début septembre avec une représentation à l’issue de la résidence.

Le travail sur la transposition de Macbeth avec le contexte actuel et à Ambérieu, a été, comme l’an dernier avec Roméo et Juliette) un grand moment ! 

Le lien avec la crise de la COViD a tout de suite été fait par les participants ; c’est amusant de voir comme ces grands classiques résonnent toujours autant et trouvent un écho dans l’actualité. C’est ainsi qu’est née une belle revisite de la pièce, intitulée Macbeth au temps du coronavirus

La résidence théâtrale, un challenge haut en couleur !

Lors de la résidence artistique il y avait un challenge à relever : 10 scènes à travailler en 15h. 

Jean-Baptiste Sintes, co fondateur de ThéâtriCité, est venu renforcer l’accompagnement de la résidence avec Manon Nobili et a participé à la création du spectacle, sur la mise en scène et la direction d’acteurs ainsi que sur la création musicale. La partie musicale a d’ailleurs contribué à apporter un plus à ces beaux moments. Le talent de chanteuse de Sylvie s’est exprimé dans une version décalée de la chanson “Etienne”, renommé “Macbeth » pour l’occasion.

Au total 8 personnes ont participé aux répétitions lors de la résidence. 

Martine, la locataire Dynacité qui devait initialement incarner Lady Macbeth a dû quitter la résidence au bout de 2 jours pour raisons familiales. Le rôle a été repris au pied levé par Karim, qui a pris beaucoup de plaisir à l’interpréter comme il nous l’a dit avec ses mots : “dans jouer au théâtre, il y a le mot jouer, et j’aime jouer”.

Mohamed et Philippe qui avaient déjà joué dans Romeo et Juliette l’an dernier étaient aussi présents et attendent avec impatience la prochaine saison.

Sabine, qui avait réalisé les costumes et joué l’an dernier était une fois encore au rendez-vous pour la confection ; elle n’a cependant pas pu jouer pour raisons de santé. Christiane, qui a rejoint la troupe cette année et incarné avec brio le rôle de Macbeth nous a apporté son témoignage émouvant : “avant, je ne pensais pas faire du théâtre. Le premier pas est dur à faire, mais une fois qu’on y est, on n’en sort plus”.

Un bilan émouvant

Comme l’année dernière, c’était une expérience incroyable : au début, c’est difficile, on se dit que ce qui compte c’est l’expérience et non le résultat, et d’un coup, la magie opère. 

Les progrès faits par les uns et les autres sont toujours impressionnants. Lors des dernières répétitions 15 jours avant la représentation, ils se souvenaient encore bien des acquis de la semaine de résidence. 

Ils s’écoutaient beaucoup plus sur le plateau, géraient beaucoup mieux leur prise de parole et ont pris conscience de leur corps dans l’espace.  

La représentation, le 2 octobre 2020, au centre social, fut l’apothéose. Les spectateurs étaient au rendez-vous (dans le respect des règles sanitaires et des gestes barrières). La transposition au temps du COVID de la pièce a permis de jouer avec les masques, les visières qui ont été customisées et transformées en couronnes etc…

Chaque personnage a pris en intensité. Un Macbeth unique a ainsi été interprété ce jour-là, car créé avec eux, transposé dans leur univers et complètement décalé. 

Au final, cette innovation sociale a permis de :

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